Radouane Lakdim, l'homme armé revendiquant l'allégeance au groupe État islamique a tué trois personnes lors d'une fusillade durant le siège d'un supermarché Super U dans le sud-ouest de la France vendredi avant que la police antiterroriste ne le tue.
Cinq personnes ont également été blessées par balle lors de cette première attaque djihadiste en France depuis octobre, dont un policier, Arnaud Beltrame, qui s'est livré au terroriste contre des otages détenus au supermarché.
Il a été retrouvé grièvement blessé lorsque les forces spéciales ont pris d'assaut le supermarché et ont tué le tireur.
Le gendarme "avait laissé son téléphone ouvert sur la table et c’est lorsque nous avons entendu les coups de feu que le GIGN est intervenu », abattant l’auteur de l’attaque qui se réclamait de l’organisation Etat islamique, avait auparavant détaillé le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb relayé par l'article du Monde.
"Notre pays a subi un attentat terroriste islamiste", a déclaré le président Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse.

Le groupe État islamique a affirmé que l'attaque était en réponse à son appel à cibler les ennemis occidentaux.
L'attaque a eu lieu alors que la France reste en état d'alerte après une série d'attentats meurtriers qui ont tué plus de 240 personnes depuis 2015.
Le procureur de la République de Paris, François Molins, a révélé le nom du tireur, Radouane Lakdim, un jeune homme de 25 ans , déjà condamné pour port d'arme illégal et consommation de drogue.
"Il était sur une liste de surveillance pour sa radicalisation et ses liens avec le mouvement salafiste", a déclaré M. Molins aux journalistes à Carcassonne, ajoutant que Lakdim avait été suivi pour ses contacts en ligne avec des extrémistes.
Des sources de sécurité ont déclaré que Lakdim était né à Taza au nord du Maroc et détenait la nationalité française. Sa compagne, qui vivait avec lui à Carcassonne, a été arrêtée, a précisé M. Molins.
Lakdim a commencé son attaque vers 10h30 (09h30 GMT) du matin, détournant une voiture et tirant sur les deux personnes à l'intérieur. Le passager a été tué et le conducteur reste dans un état critique.
Le tireur a ensuite blessé un policier qui faisait du jogging avec des collègues avant de conduire à proximité de Trèbes où il a fait irruption dans le Super U.

"L'attaquant est entré dans le magasin en criant "Allahu Akbar" et a dit qu'il était un soldat de l'Etat islamique, prêt à mourir pour la Syrie", a déclaré Molins.
Il a ensuite exigé "la libération de ses frères" de prison avant de tirer sur un client de supermarché et un employé.
"J'étais à cinq mètres de lui", a déclaré le gardien de sécurité du magasin, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
"Il a tiré sur moi deux fois." Heureusement pour le gardien de sécurité, "il a mal tiré."
Le policier héroïque blessé
Une cinquantaine de personnes se trouvaient alors dans le supermarché et, bien que certaines personnes aient réussi à s'enfuir, plusieurs sont restées à l'intérieur.
L'officier supérieur Arnaud Beltrame, 45 ans, a proposé de prendre leur place pendant que ses collègues négociaient avec Lakdim.
Beltrame s'est échangé avec le dernier otage avant d'être abattu par le terroriste.
Lorsque les forces spéciales ont entendu des coups de feu, elles ont pris d'assaut le magasin, tuant le tireur et récupérant Beltrame, qui avait été "gravement blessé".
Macron a rendu hommage à l'officier de police, qui a été salué comme un héros.
"Il a sauvé des vies et fait honneur à son arme et à notre pays", a déclaré Macron.
"Il se bat actuellement pour sa vie et toutes nos pensées vont à lui et à sa famille", a t-il ajouté.
Un ressortissant portugais initialement déclaré mort en raison "d'erreurs de communication" a été grièvement blessé et hospitalisé à Carcassonne, a indiqué le gouvernement de Lisbonne.

Des questions difficiles pour le gouvernement
Trèbes, une ville tranquille de 5.000 personnes sur le long du Canal du Midi, a été assaillie de policiers massivement armés et masqués durant l'opération dans le quartier du Super U.
Le fait que Lakdim ait été surveillé comme un extrémiste potentiel soulèvera des questions difficiles pour le gouvernement Macron quant à la façon dont il est passé au travers des filets.
"Nous l'avions surveillé et nous ne pensions pas qu'il avait été radicalisé", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Gerard Collomb, à propos de Lakdim après être arrivé sur les lieux.
"Il était déjà sous surveillance quand il a soudainement décidé d'agir."
À Paris, la Tour Eiffel a éteint ses lumières à minuit en signe de respect pour les victimes et une minute de silence a été tenue au Stade de France avant un match de football entre la France et la Colombie.
La violence de vendredi a eu lieu dans une partie de la France encore marquée par une tuerie en 2012 dans la ville de Toulouse et à proximité de Montauban où un autre djihadiste, Mohamed Merah, avait abattu sept personnes dont trois écoliers juifs.
Cet attentat a marqué le premier de plusieurs attentats islamistes en France depuis 2015, dont le massacre du journal satirique Charlie Hebdo, les attentats de novembre 2015 qui ont fait 130 morts à Paris et l'attentat du camion bélier de l'été 2016 lors des festivités du 14 juillet à Nice.
L'agression la plus récente avait eu lieu en octobre lorsqu'un homme tunisien a poignardé deux femmes à la gare de Marseille en criant "Allahu Akbar".
L'état d'urgence mis en place juste après les attentats de Paris en 2015 a été levé en octobre dernier lorsque le gouvernement de Macron a adopté une nouvelle loi renforçant les pouvoirs des forces de sécurité.
Les soldats continuent de patrouiller sur les principaux sites touristiques de France et les centres de transport dans le cadre d'une mission antiterroriste.
"Nous sommes dans une ville petite et calme, mais malheureusement la menace est partout", a déclaré Collomb.
