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Facebook veut connaitre (et vendre) vos emotions..

Depuis quelques jours, il est possible "d'exprimer de nouvelles émotions" sur les publications du réseau social Facebook, en plus du simple "J'aime" d'origine. Mais, cette innovation intéresse-t-elle plus les 1,5 milliard d'utilisateurs ou bien les dirigeants de la plateforme?

Les emotions selon Facebook
Source: Facebook

Le réseau social Facebook est gratuit pour ses utilisateurs, et pourtant, l'entreprise qui le gère, est l'une des plus riches de la planète. La raison de cette contradiction apparente a été résumée anonymement sur Internet en une phrase : "Si c'est gratuit, c'est que vous êtes le produit". De façon plus détaillée : Facebook accumule des bénéfices colossaux chaque année en vendant les données personnelles de ses utilisateurs à des régies publicitaires qui ciblent et influencent les internautes dans leurs achats via… tous les moyens numériques à leur disposition.

Le concept peut sembler proche de celui de la bonne vieille "réclame télé", relativement inoffensive. Et pourtant, puisqu'avec la puissance des outils informatiques actuels, le ciblage que Facebook pratique et vend à ses partenaires est très éloigné de la publicité classique diffusée par une chaîne de télévision.

Facebook veut "tout connaître de vous", jusqu'au moindre détail, et la nouvelle fonction d'icônes émotionnelles ne peut qu'améliorer ce "profilage". Désormais l'utilisateur du réseau social peut : aimer (le J'aime d'origine), adorer (love), faire "Wah", trouver amusant (Haha), être triste, ou être en colère. Ces six émotions permettent donc désormais de "noter" grâce à un sentiment, n'importe quelle publication Facebook.

Facebook : vendre et influencer… jusqu'aux émotions

En juin 2014, Facebook a été sommée de s'expliquer sur une "expérience" auprès de 680 000 de ses utilisateurs anglophones. Cette étude démontrait des possibilités d'influence sur les utilisateurs du réseau social, grâce à la "contagion émotionnelle de masse". Le Wall Street journal s'en est fait l'écho, et Facebook s'est finalement excusé publiquement.

Les conclusions de l'étude sont pourtant inquiétantes, puisque les expérimentateurs indiquent qu'ils ont trouvé des moyens d'influencer les utilisateurs du réseau social par des biais précis, en modifiant par exemple le "flux d'infos" : "Lorsque des expressions positives ont été réduites, les gens produisent moins de messages positifs et plus de messages négatifs .. et vice versa.

La vie privée et Facebook

L'arrivée des icônes émotionnelles sur Facebook, n'a donc rien d'extraordinaire en soi, si l'on se contente de l'envisager au premier degré, du côté utilisateur : une simple amélioration pour noter une publication. Du côté de l'entreprise, par contre, ces nouvelles informations des "sentiments" des utilisateurs sont très intéressantes.

Les différentes affaires juridiques de violation de la vie privée qui jonchent le parcours de Facebook démontrent que toutes les informations que l'entreprise peut acquérir sont triées, analysées, stockées et mènent à un traitement intensif de données à des fins commerciales. L'accès aux données de Facebook par des organismes gouvernementaux tels la CIA, la NSA ou le FBI, révélé par Edward Snowden, souligne puis lors la problématique de la vie privée : le réseau social est un gigantesque terrain de renseignement qu'aucune option de confidentialité n'est en mesure de protéger.

Des algorithmes permettant de connaître les préférences sexuelles, la confession religieuse, les orientations politiques des utilisateurs existent et sont très certainement utilisés par l'entreprise de Mark Zuckerberg : tout ce qui permet de connaître le plus intimement une personne sur Facebook, est précieux, puisqu'il est ensuite possible pour l'entreprise de vendre des espaces publicitaires entièrement personnalisés, qui correspondent le plus précisément aux goûts des abonnés.

Facebook est donc en capacité d'influencer massivement les émotions de ses utilisateurs, et leur offre désormais la possibilité de "donner" leurs sentiments. Les algorithmes secrets du réseau social fabriquent des profils commerciaux et les vendent au plus offrant.

La question de la liberté des utilisateurs de la plateforme devrait donc commencer à se poser : jusqu'à quel point les choix et les décisions des utilisateurs de Facebook leur appartiennent, quand des logiciels ultra-performants les ciblent en permanence pour les influencer dans leurs achats et leurs choix quotidiens sur Internet ?

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