Presque deux ans après l’attentat de janvier 2015, qui a décimé une grande partie de sa rédaction , Charlie Hebdo s’exporte en Allemagne, un pays où il compte déjà beaucoup de fans.
Pourquoi l’Allemagne ?
« Nous avons choisi l'Allemagne car c'est là que nous avons reçu le meilleur accueil lors de conférences, et là que le "numéro des survivants", paru une semaine après les attentats, avait eu le plus de succès à l'étranger, se vendant à 70 000 exemplaires. D'autant plus qu'aujourd'hui, plus de mille voisins allemands lisent la version française chaque semaine », explique l’équipe du magazine sur son site web.
Le rédacteur en chef et cartooniste Riss travaille sur cette version allemande depuis plus de six mois. « Il y a une véritable curiosité en Allemagne à propos de ce que nous faisons, ce qui n’est pas le cas en Angleterre, en Espagne ou au Portugal », a-t-il expliqué à l’AFP.
La version allemande de Charlie Hebdo contiendra pour démarrer du contenu traduit de la version française, mais Riss espère pouvoir réunir une équipe de dessinateurs allemands.
Angela Merkel sur la couverture
Sur la couverture du Charlie Hedbo allemand, la chancelière Angela Merkel, à plat-ventre sur la plate-forme d’un garagiste, comme une voiture. On peut y lire « Volkswagen soutient Merkel » et le garagiste qui dit « Un nouveau pot d’échappement et c’est reparti pour quatre ans ».
C’est aussi Angela Merkel qui est la star de l’affiche qui annonce l’arrivée de Charlie Hebdo en Allemagne. Assise sur une toilette, elle lit un Charlie Hebdo où elle est sur la couverture, se demandant si elle peut diriger à la fois l’Allemagne et la France.
Le Charlie Hebdo qu’Angela Merkel a en main est un ancien numéro, dont la couverture avait été dessinée par l’ancien rédacteur en chef, Charb, assassiné lors de l’attentat de 2015.

Un magazine controversé
Grand critique de la politique et de la religion, Charlie Hebdo s’attire régulièrement les foudres des musulmans comme des chrétiens.
« Charlie Hebdo est un genre d’extra-terrestre… Son humour est cynique, désillusionné. Il y a du pessimisme dans nos dessins, mais on essaie d’en rire », a expliqué Riss à l’AFP. On saura d'ici quelques jours si ce genre d’humour plaira autant aux Allemands qu’aux Français.
