Lorsque la limite de vitesse de la Nationale 7 a été descendue de 90 à 80 km/h en 2015, les automobilistes étaient mécontents. La plupart d’entre eux se sont habitués, mais certains sont toujours furieux.
« Hier, je conduisais a 80 et j’avais l’impression que j’allais m’endormir, » dit Gérard Laguette, un commerçant de Croze-Hermitage.
Ce genre de réactions et les résultats de sondages (74% des Français sont contre le changement de la limite de vitesse) n’ont pas stopper le président Emmanuel Macron de descendre la limite de vitesse sur plusieurs autres routes du pays au début du mois.

Le gouvernement affirme que c’est la seule manière de diminuer le taux alarmant de décès sur les routes, qui a atteint 3684 l’an passé.
La nouvelle limite de 80 km/h s’applique aux routes à double sens de circulation, sans séparateur central. Le but est de sauver 400 vies par an, tout en diminuant les émissions automobiles de 30 pourcent.
Les critiques affirment qu’il s’agit de « snobisme parisien » qui prouve que Macron est le « président des riches » et qu’il a peu d’égard pour les gens ordinaires. Plusieurs voient la nouvelle limite de vitesse comme une façon de faire de l’argent en donnant des amendes.
Selon le député républicain Vincent Descoeur, le gouvernement préfère les cyclistes urbains que les habitants des campagnes et leur véhicule diesel.
Un enjeu politique
Le gouvernement a lancé une campagne radio et télé pour tenter de calmer la colère des automobilistes, expliquant que la nouvelle limite de vitesse ne fait qu’ajouter quelques minutes de plus aux trajets et permet de couper 140 euros en facture de pétrole par an.
« Pour le dire de façon peut-être un peu triviale, l'objectif, ça n'est pas d'emmerder le monde. L'objectif, c'est de faire en sorte qu'il y ait moins de morts et moins de blessés graves, » a dit le premier ministre Edouard Philippe.

Il a ajouté qu’une réduction similaire de la limite de vitesse près de Paris il y a quelques années avait fait baisser les accidents de 18%.
Il a aussi promis que l’argent des amendes additionnelles sera alloué aux victimes d’accidents de la route.
Pour Mathieu Flonneau, un historien du transport français, la décision du gouvernement est logique, mais il risque de se mettre à dos les Français des régions rurales qui se rendent au travail en voiture.
« Au-delà de l'ambition louable et inattaquable de vouloir réduire le nombre de morts, l'enjeu est de ne pas archaïser le mode routier. Si cette mesure est perçue comme une archaïsation de territoires qui sont déjà périphériques, on touche un point sensible, » a-t-il dit à l’AFP.
