Après l'interdiction des téléphones portables à l'école et au collège, le gouvernement veut maintenant faire interdire l'utilisation de Facebook, Snapchat ou Instagram au moins de 16 ans sans autorisation parentale. Mercredi 13 décembre, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a dévoilé en Conseil des ministres son projet de loi relatif à la protection des données personnelles.
"Mieux protéger" les mineurs
L'âge minimum pour s'inscrire sur Facebook aujourd'hui est de 13 ans. Le réseau social s'est aligné sur la législation américaine. Mais il suffit de mentir sur son âge et le tour est joué, un compte facebook est créé sans que personne ne puisse vérifier l'âge réel de la personne.
"Les mineurs de moins de 16 ans seront mieux protégés, explique la ministre de la Justice Nicole Belloubet, parce qu'il faudra l'autorisation des titulaires de l'autorité parentale pour qu'on puisse consentir au traitement de leurs données par les services tels que les réseaux sociaux".
Le texte n'explique pas encore par quels moyens les autorisations parentales pourrait être collectées et vérifiées ni si les utilisateurs actuels de moins de 16 ans pourront conserver leur compte Facebook.
20.000 comptes d'enfants supprimés par jour
Indiqué dans le huffingtonpost.fr, en 2011, les dirigeants de Facebook auraient supprimé environ 20.000 comptes par jour d'enfants de moins de 13 ans utilisant le réseau social.
Pourtant, selon l'institut Comscore, à la même époque, 3,6 millions de moins de 13 ans se seraient connectés chaque mois à facebook. Et toujours à la même période, l'association américaine Consumer Reports montrait qu'ne 2010, plus de 20 millions de mineurs de moins de 13 ans avaient utilisé la plateforme sociale.
Dans une étude plus récente menée par EU Kids Online, en 2010 un jeune sur trois de 11 à 12 ans avant un compte Facebook. En 2014 c'est un sur deux. Et 22% des enfants de 9 à 10 ans sont présents sur le réseau social.
Le cri d'alarme des anciens salariés de Facebook
Chamath Palihapitiya a participé au succès mondial de Facebook. Il était l'ancien vice-président en charge de la croissance de l'audience du réseau social. Il interdit aujourd'hui à ses enfants d'utiliser le réseau social.
"Je pense que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social". "Il n'y a pas de discours citoyen, pas d'entraide, il y a de la désinformation", continue Chamath Palihapitiya, qui tente d'alerter les utilisateurs réguliers : "Sans vous en rendre compte, vous êtes programmés. Et maintenant c'est à vous de décider ce que vous voulez abandonner, à quel point vous êtes prêt à renoncer à votre indépendance intellectuelle".
Et c'est sans parler des cas de harcèlement moral entre adolescents, de menaces voire de pédophilie avec l'expansion des réseaux sociaux.
La nouvelle appli Facebook pour enfants
Facebook n'a pas souhaité faire de commentaire concernant le nouveau projet de loi sur l'interdiction de son réseau au moins de 16 ans en France.
Ironie du sort, quelques jours auparavant, la société a annoncé le lancement d'une nouvelle version de son application de messagerie destinée aux moins de 13 ans, Messenger Kids.
