Voilà qui risque d'hérisser « la France qui se lève tôt ». A Lusigny-sur-Barse, dans l'Aube, un boulanger qui avait ouvert son commerce tous les jours l'été dernier, a été sanctionné par la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) pour non-respect de la réglementation imposant un jour de repose hebdomadaire. Verdict : 3000 euros d'amende.
Les habitants de cette commune de 2000 habitants, située sur la route touristique des lacs de la forêt d'Orient, se mobilisent pour soutenir leur boulanger, Cédric Vaivre. «Sur une zone touristique, cela semble indispensable que l’on puisse avoir un commerce ouvert tous les jours pendant l’été, il n’y a rien de pire que des commerces fermés lorsqu’il y a des touristes», a déclaré le maire, Christian Branle, à L'Est éclair. Une pétition a été lancée fin février qui a recueilli près de 2100 signatures à ce jour.
Dans l’Aube, la fermeture hebdomadaire des boulangeries est régulée par deux arrêtés datant de 1994 et 2000 qui imposent un jour de repos auquel il est toutefois possible de déroger sous certaines conditions. Le boulanger de Lusigny avait obtenu une dérogation en 2015 et 2016 pour la période estivale mais se l'était vue refuser l'an passé. L'argument ? Trop de dérogations reviendrait in fine à remettre en cause les arrêtés préfectoraux et à légaliser de fait le travail le dimanche. Seule une négociation avec le syndicat de la branche pourrait permettre d'abroger ces décrets. Or, fin 2017, la majorité des 126 professionnels consultés par la Fédération patronale de la boulangerie-pâtisserie de l’Aube s’étaient prononcées en faveur du statu quo, et donc du maintien de leur jour de repos hebdomadaire.
Sans surprise, l'info a provoqué une cascade de réactions outrées sur les réseaux sociaux, où beaucoup s'indignent que la France punisse ses artisans, fussent-ils hors la loi.
