Les procureurs français ont annoncé vendredi qu'ils avaient abandonné les poursuites judiciaires contre un homme qui avait sauvé une migrante nigériane sur le point d'accoucher à la frontière franco-italienne par temps glacial, invoquant «l'immunité humanitaire».
Benoit Ducos, un volontaire qui aide les migrants à traverser la frontière, a trouvé la famille nigériane - un couple et leurs deux enfants - et deux autres qui avaient porté la femme enceinte de huit mois et demi au cours de leur périple à travers des terrains enneigés.
Ducos et un autre volontaire ont décidé de conduire la femme à l'hôpital de la ville voisine de Briançon, ses contractions commençant pendant le voyage.
Le bébé est né par césarienne plus tard dans la nuit.
Les autorités ont ouvert une enquête afin de déterminer si Ducos avait facilité l'entrée et la circulation d'un étranger en situation irrégulière.
Après avoir enquêté sur les circonstances dans lesquelles l'aide a été fournie, le parquet a décidé de ne pas poursuivre Ducos.
Dans une déclaration rendue publique vendredi, le procureur local Raphael Balland a expliqué que l'accusation avait été insuffisamment précise dans le cadre de l'enquête, celle-ci n'ayant pas permis de déterminer si Ducos avait participé «directement ou indirectement à l'organisation du voyage illégal depuis la frontière entre ces deux pays dans des conditions particulièrement périlleuses».
Le magistrat avait invoqué «l'immunité humanitaire» en raison de l'absence de tout paiement et des conditions météorologiques dangereuses, notamment pour les femmes enceintes, a ajouté le communiqué.
