Une adolescente française a passé deux semaines dans un centre de détention américain après avoir traversé la frontière entre le Canada et les États-Unis par erreur lors d’un footing.
Elle a dit à l’AFP qu’elle a eu la peur de sa vie. « Quand j’y repense, je me dis “tout ça pour ça”. C’est un peu incroyable, » a ajouté Cedella Roman, 19 ans.
C’est le diffuseur public canadien CBC qui a d’abord parlé de l’histoire, à la fin mai.
La jeune femme originaire de Briancon, dans les Alpes, a expliqué qu’elle était sur le chemin du retour lorsqu’elle a été arrêtée par deux patrouilleurs américains qui lui ont dit l’avoir vue sur vidéo entrer illégalement aux États-Unis. Malgré avoir expliqué qu’il s’agissait d’un malentendu, ils ont pris ses empreintes, comme elle n’avait pas de papier d’identification sur elle.

« C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir très peur. J’avais l’impression d’être une grande criminelle, » a-t-elle dit à l’AFP.
Roman était au Canada pour visiter sa mère qui habite White Rock, en Colombie-Britannique. Lorsqu’elle lui a téléphoné, sa mère a d’abord pensé qu’il s’agissait d’une plaisanterie. « C’est lorsque je lui ai passé un des officiers qu’elle a tout de suite compris et qu’elle s’est mise à paniquer. »
En détention pour deux semaines
Durant la nuit, Roman a été transféré au centre de détention de Tacoma Northwest, 200 kilomètres plus au sud.
« Je me retrouve en prison. Nous sommes enfermés en permanence et dans la cour, il y a des barbelés et des chiens. »
Elle passera deux semaines dans une grande pièce avec une centaine de migrants et 60 lits. « On essayait de s’entraider [...]. Et voir des gens venus d’Afrique et d’ailleurs enfermés pour avoir essayé de passer la frontière, ça m’a fait relativiser mon expérience. »

Sa mère, Christiane Ferne, a pu rejoindre le centre de détention avec le passeport et le visa de sa fille après deux jours. Mais les employés lui ont dit que les documents devaient être vérifiés par les autorités canadiennes. Elle a finalement pu repartir avec sa mère deux semaines après son arrivée.
Les accusations contre la jeune femme ont été abandonnées, mais elle est bannie de séjour aux États-Unis.
Ferne a dit qu’il n’y avait pas de signalisation claire à la frontière, ce qui a causé la mésaventure de sa fille. « C’est comme un piège, n’importe qui pourrait se faire prendre à la frontière ainsi, » dit-elle.
Les autorités américaines ont confirmé à CBC que Roman avait été détenue, puis libérée au début juin. Ils ont justifié son arrestation à l’AFP en rappelant les règles en vigueur : « Il est de la responsabilité de tout individu se trouvant à proximité d’une frontière internationale d’avoir à tout moment connaissance (...) de sa localisation pour s’assurer qu’il ne la franchit pas illégalement. »
