Et Catherine Deneuve signa, perdant au passage un peu de son prestige. Pour beaucoup d'admirateur.rice.s. dans le monde, il y aura un avant et un après « la tribune des 100 » publiée le 9 janvier dans Le Monde et depuis abondamment commentée, y compris par la presse anglo-saxonne. Co-signé entre autres par Catherine Millet, Catherine Robe-Grillet Elisabeth Levy ou encore Brigitte Lahaie, ce texte déplorait notamment la vague de délations et de punitions arbitraires qu'aurait provoqué le mouvement #metoo ainsi que « la haine des hommes » dont un certain féminisme serait aujourd'hui l'expression.
Les réactions, innombrables, ont été largement négatives (à l'exception notable de Silvio Berlusconi en Italie...) et ne se sont pas arrêtées aux frontières françaises. Le Guardian, le New York Times, le New Yorker ou encore ABC se sont fait l'écho de ce texte si symptomatique d'une certaine France. Celle qui défend la galanterie comme un vestige précieux du monde d'avant et se montre, au nom de l'harmonie entre les sexes, volontiers indulgente envers les coupables de harcèlements sexuels. Sur les réseaux sociaux, Catherine Deneuve est devenue en quelques heures l'icône à abattre. Beaucoup évoquent son statut de femme blanche privilégiée, à mille lieux de la réalité vécue par ses semblables. L'actrice italienne Asia Argento, qui avait accusé Harvey Weinstein de l'avoir violée, a ainsi dénoncé sur Twitter la « misogynie intériorisée » de Deneuve et de ses co-signataires.
Face à l'ampleur des réactions, la star française fait aujourd'hui une mise au point. Dans un texte publié par Libération, elle explique assumer sa position (« Nous devons vivre ensemble sans « porcs » ni « salopes »), se décrit en femme libre mais elle en profite au passage pour se désolidariser de certaines de ses co-signataires – sans la citer, elle vise notamment Brigitte Lahaie, qui avait affirmé lors d'un débat télévisé que l' « on peut jouir lors d'un viol ». Surtout, l'actrice française présente des excuses : « Je salue fraternellement toutes les victimes d'actes odieux qui ont pu se sentir agressées par cette tribune parue dans Le Monde, c'est à elles et à elles seules que je présente mes excuses. »
Ses excuses suffiront-elles à apaiser la colère des féministes ? Pas sûr. Une chose l'est en revanche : Si l'image internationale de Catherine Deneuve est désormais écornée, celle de la France en a aussi pris un coup.
