Le 16 janvier dernier, l'INSEE publiait ses données annuelles sur la démographie française. Elles confirment une tendance amorcée il y a quelques années : la baisse des naissances dans un pays qui avait fini par être considéré comme la pouponnière de l'Europe. Continuellement à la baisse depuis 2015, le taux de fécondité est désormais de 1,88 enfants par femme. En 2017, 767 000 bébés sont nés, c'est 17 000 de moins que l'année d'avant. Quant au solde naturel -la différence entre les naissances et les décès- il est aujourd'hui à son niveau le plus faible depuis l'après-guerre, période bénie du baby boom : +164 000 personnes.
Pourquoi les Français enfantent moins ?
Faut-il voir dans la baisse de la natalité le signe d'un pays prudent voire peureux face à l'avenir ? Ou plutôt la conséquence logique d'une émancipation féminine qui passe par des études plus longues et un enfant plus tard dans la vie ? Entre 25 et 34 ans en effet, les femmes ont moins d'enfants qu'avant. S'agit-il d'une phase ou d'une tendance de fond amenée à durer ? Si les causes sont conjoncturelles, liées par exemple à la peur du chômage ou à une politique familiale moins généreuse, une reprise économique ou un retour sur les réformes des "allocs" menées sous le mandat de François Hollande, pourraient suffire à relancer la machine.

Renouvellement des générations
Une chose est sûre : si la natalité devait être durablement en berne, le renouvellement des générations ne serait plus assuré. Rappelons que le seuil en-deça duquel ce n'est plus le cas est de 2,1 enfants par femme. De l'autre côté du spectre, la mortalité augmente avec la génération des baby boomers qui arrive à des âges où la mort frappe fort. En 2017, 603 000 personnes sont mortes, 9 000 de plus qu'en 2016 et ça ne va pas aller en s'arrangeant. Et si la solution était à chercher du côté de l'immigration ?
