Six Conseils de Sydney (Canada Bay, City of Sydney, Inner West, Randwick, Waverley et Woollahra) viennent d'annoncer que les sociétés de vélos partagés, type oBike et Reddy Go, devront désormais respecter de nouvelles règles. Cette décision commune intervient après les nombreuses critiques adressées aux deux sociétés. Vélos garés n'importe comment, abandonnés n'importe où, véhicules sous équipés, facilement endommagés...
Depuis juillet dernier, Melbourne, Sydney, plus récemment Adelaïde, font l'expérience de ces nouveaux deux-roues disponibles sans bornes ni abonnement : il s'agit du « free-floating ». Plutôt que de se rendre à une station pour s'emparer d'un vélo qu'on garera ensuite dans une autre station une fois son trajet terminé, les vélos en libre service n'ont pas de point d'ancrage. Il suffit de télécharger une application pour géolocaliser un vélo disponible qu'on pourra alors dévérouiller grâce à un QR code puis redéposer n'importe où grâce à un antivol.
Pendant ce temps-là, à Paris...
A Paris, la concession des Vélib, crée en 2007 par JCDecaux, est en train de changer. Le consortium Smovengo a remporté le marché et avec lui, les 300 000 abonnés Vélib'. La transition, hélas, se fait dans la pagaille. Alors que le nouvel opérateur prévoyait la mise en service de 300 stations dès le début de 2018, seules 10 à 15% des nouvelles bornes sont déjà opérationnelles. A en croire Smovengo toutefois, l'objectif du printemps prochain pour un service pleinement fonctionnel -1400 bornes et 25 000 vélos dont un tiers de véhicules électriques- est toujours d'actualité. Le rythme de déploiement des stations devrait donc passer à la vitesse supérieure. La Mairie de Paris, elle, continue à démanteler les 1230 anciens stations. Un processus long qui devrait se poursuivre jusqu'en mars prochain.
En attendant, les usagers se plaignent et les réclamations affluent : vélos en piteux état, stations fermées, bugs du service d'information de Vélib'... Sachant en plus que le Vélib' 2018, relooké et plus léger, sera aussi plus cher -l'abonnement annuel passe à 37,20 euros, soit une augmentation de 30%- les usagers pourraient bien aller voir ailleurs.
La fin du monopole Vélib?
Déterminés à casser le monopole Vélib', d'autres acteurs du cyclisme urbain se sont en effet progressivement incrustés dans le marché désormais « trendy » du deux roues. Comme en Australie, il s'agit de « free floating », des vélos en libre service sans bornes ni abonnement.
A Paris, les bicyclettes grises et orange oBike, Indigo Wheel ainsi que les Gobbe.bike vert-pomme sont déjà dans le paysage. Les opérateurs Pony Bikes ou encore OFO devraient également faire leur apparition dans les semaines qui viennent. En tout, d'ici un an, c'est une dizaine de sociétés de « free-floating » qui devrait lâcher leurs vélos dans les rues de Paris. Si certains saluent le transport du futur, un concept flexible qui devrait contribuer à réduire la pollution automobile, d'autres déplorent un service bas de gamme et trop peu réglementé qui encouragerait un comportement égoïste et irresponsable de la part ses usagers.
A Paris, comme à Sydney ou Melbourne, le risque est réel de voir les cyclistes s'assoir sur leur civisme, abandonnant leurs montures n'importe où (y compris là où cela peut présenter un risque), contribuant à l'encombrement des trottoirs ou/et à une mauvaise répartition des vélos sur le territoire. En l'absence de tout engagement contractuel, un abonnement, une caution à fournir, le civisme devient-il optionnel ? Au fond de la Seine, les « free-floating » bikes ont déjà commencé à sombrer...
