En 2014, selon l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), il y avait 274 millions de francophones répartis sur les cinq continents. Ce nombre devrait presque tripler en trente ans, faisant du français la deuxième langue internationale après l'anglais -elle est aujourd'hui la cinquième. 85% des francophones seront alors en Afrique qui devrait abriter en 2050 plus de 90% des jeunes francophones de 15-29 ans. Mais aussi sérieuses soient ces prévisions, elles restent bien fragiles sans volonté politique de les faire advenir.
Lauréate du prix Goncourt 2016 pour son roman Chanson douce, la franco-marocaine Leïla Slimani est le nouvel atout du président Macron pour porter les ambitions de la France en matière de francophonie. A 36 ans, cette auteure douée, ancienne élève du lycée français de Rabat, compte impulser une nouvelle vision et rajeunir l'image du français à l'étranger. « Aujourd'hui le français n'est malheureusement plus perçu comme une langue utile, pragmatique, qui sert à trouver du travail », a-t-elle déclaré dans un entretien accordé à l'AFP. « Il faut dire que non : c'est aussi une langue de l'entreprise, du travail. Le français, c'est cool », a-t-elle ajouté en rappelant que le mot « cool » avait fait son entrée dans la langue française.
Afin de faire progresser le rayonnement de notre langue dans le monde, elle appelle chaque Français à devenir « l'ambassadeur de la francophonie ». « La France doit être à l'avant-garde de l'apprentissage du français » ajoute Leïla Slimani en évoquant notamment le « grand plan pour la langue française » qu'Emmanuel Macron présentera la 20 mars, lors de la journée international de la francophonie. Et de s'enthousiasmer devant le nombre élevé « d'apprenants de la langue française » en Chine. « En Corée, la progression est de 20-30% et des pays d'Afrique anglophone se mettent au français, comme le Ghana et le Nigéria. » Dans le monde, 125 millions de personnes apprennent le français. Les chiffres en Australie ne sont pas connus mais on sait que l'Océanie compte 0,3% de francophones.
S'ils saluent l'ambition affichée de rebooster l'usage du français, les acteurs de la francophonie regrette tout de même l'absence d'un ministère de la Francophonie de plein droit.
