Les enquêteurs du contre-terrorisme travaillent pour déterminer si l'homme, qui a poignardé cinq personnes près de l'Opéra Garnier, au cœur de la capitale française samedi soir, a agi seul.
L'agresseur a tué un homme de 29 ans et en a blessé quatre autres avant d'être abattu par la police.
Des témoins ont rapporté avoir entendu l'homme crier Allah Akbar durant l'attaque.

Le groupe État islamique a affirmé que l'attaquant était l'un de ses combattants, mais n'a fourni aucune preuve ni aucun détail concernant son identité.
L'agresseur été enregistré sur une base de données nationale de milliers de personnes soupçonnées de liens avec le radicalisme, selon un fonctionnaire judiciaire. Les extrémistes à l'origine de multiples attaques en France ces dernières années figuraient également sur des listes de surveillance radicale.
Le responsable a déclaré dimanche que l'agresseur, né en 1997, avait la nationalité française mais était né dans la république russe largement musulmane de Tchétchénie, considéré comme un terreau de l'extrémisme.
Le fonctionnaire n'a pas été autorisé à être publiquement nommé parlant d'une enquête en cours.

Frédéric de Lanouvelle, porte-parole du ministère de l'Intérieur a dit que l'homme n'avait pas d'antécédents criminels.
L'attaquant a pris pour cible cinq personnes, puis s'est enfui. Lorsque les policiers sont arrivés quelques minutes plus tard, il les a menacés et a été abattu, selon le responsable syndical de la police, Yvan Assioma.
Les clients du bar et les spectateurs ont décrit la surprise et la confusion, et ont reçu l'ordre de rester à l'intérieur pendant que l'opération de police se déroulait rue Monsigny dans le 2e arrondissement de Paris.
'Il avait l'air fou'
Des témoins ont décrit des scènes dramatiques au moment où l'attaquant a commencé a poignardé sa première victime.
"Je prenais des commandes de clients quand j'ai vu une jeune femme paniquée qui essayait d'entrer dans le restaurant", a déclaré Jonathan, un serveur dans un restaurant coréen, à l'AFP.
La femme saignait et un jeune homme a repoussé l'assaillant qui s'est enfui, a-t-il dit.
"L'attaquant est entré dans une rue commerçante, je l'ai vu avec un couteau à la main", at-il dit. "Il avait l'air fou."

Milan, 19 ans, a déclaré avoir vu "plusieurs personnes en détresse", dont une femme avec des blessures au cou et à la jambe.
Un homme de 29 ans a été tué dans l'attaque, tandis qu'un Luxembourgeois de 34 ans et une femme de 54 ans ont été grièvement blessés et conduits à l'hôpital.
Une femme de 26 ans et un homme de 31 ans ont été légèrement blessés.
Un responsable de la police a déclaré que l'assaillant n'avait pas de papiers d'identité avec lui lors de l'attaque de samedi, mais qu'il avait été identifié grâce à son ADN.
L'agence de presse Aamaq du groupe État islamique a déclaré que l'assaillant avait mené l'attaque en réponse aux appels du groupe à soutenir les membres de la coalition militaire anti-EI dirigée par les Etats-Unis.
Le président français Emmanuel Macron a tweeté: "La France a une fois de plus payé le prix du sang mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté".
L'armée française est active dans la coalition depuis 2014 et les adhérents de l'EI ont tué plus de 200 personnes en France ces dernières années.
'Pas de risque zéro'
L'attaque a de nouveau mis en évidence la difficulté pour la police de surveiller les extrémistes présumés face à des milliers de risques potentiels, que ce soit de la part de radicaux locaux ou de récents arrivants.
La liste de surveillance du FSPRT compte à elle seule près de 20 000 personnes, dont environ la moitié sont sous surveillance active.
"On apprend une nouvelle fois que le terroriste serait fiché S. À quoi peut bien servir cette fiche S si on ne s’en sert pas pour mettre ces bombes à retardement hors d’état de nuire sur le sol français?", a déclaré Marine Le Pen sur Twitter.
Mais Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a défendu les efforts du gouvernement, affirmant que les renseignements français avait déjoué 22 attaques terroristes planifiées au cours des 15 derniers mois.
"Malheureusement, il n'y a pas de risque zéro", a-t-il dit.
"Ce travail va se poursuivre et s'engager sur les questions du financement de l'Islam de France, du financement des lieux de culte, de la formation des imams, de l'usage du français dans les prêches".
Les Tchétchènes sont très présents au sein de DAECH mais c'est la première fois qu'un terroriste de cette nationalité frappe en France.
