Les stades ANZ et Allianz de Sydney ont-ils besoin d'être reconstruits de fond en comble ? Depuis que le gouvernement du New South Wales a rendu public ce projet estimé à 2.5 milliards de dollars australiens (1,61 milliards d'euros), une bataille d'arguments de plus ou moins bonne foi a éclaté.
L'idée divise les habitants de Sydney, qu'ils soient amateurs de sport ou non. Postée sur Change.org le 2 décembre, une pétition à l'initiative du chroniqueur du Sydney Morning Herald et ex joueur de rugby, Peter FitzSimons, appelle Gladys Berejiklian, la Première ministre du New South Wales, à revoir sa copie. En deux semaines, la pétition a recueilli plus de 145 500 signatures. « Nous sommes fatigués de constater que les dollars des contribuables vont à la construction d'infrastructures pour le sport business alors que la communauté sportive souffre du manque d'équipements et de ressources, » peut-on lire dans le texte qui l'accompagne.
Nettement mois populaire, une contre-pétition lancée il y a cinq jours n'a pour l'instant réuni que 175 signataires. Ce qui n'empêche pas les pro-reconstruction de fourbir leurs arguments : les chantiers seront une aubaine pour l'emploi, les retombées économiques du projet seront majeures, etc. Dans un communiqué adressé à Fairfax Media, le ministre des Sports est monté au créneau : "Ce gouvernement s'apprête à investir 100 fois plus dans la santé et l'éducation que dans les stades dans les cinq ans à venir". Réplique immédiate du leader de l'opposition travailliste local, Luke Foley : « Hors de question d'accepter que cet somme obscène bénéficie à deux stades de Sydney".
Selon un document confidentiel que s'est procuré Le Daily Telegraph, rénover le stade ANZ aurait coûté 1,385 milliards de dollars. Le raser pour le reconstruire selon les normes mondiales en vigueur représenterait 1,253 milliards de dollars. Il serait donc plus économique de rebâtir que de ravaler.
Mais au fait, reconstruire ou rénover, pourquoi ? Les deux stades, pas si vieux, sont-ils à ce point décatis ? Faut-il plus de places dans les gradins ou un toit sur la tête des joueurs ? S'agit-il d'une demande populaire ? Jusqu'à présent, les réponses convaincantes manquent.
L'Allianz stadium date de trente ans. Des rapports alarmants, que le gouvernement fédéral a refusé de publier, montreraient toutefois qu'à défaut de travaux majeurs, le stade pourrait devoir fermer ses portes d'ici à 2019. Le stade olympique, lui, a été construit pour accueillir les Jeux de Sydney, en 2000. En 2012, dans le rapport annuel du Sydney Cricket & Sports Ground Trust, Rodney Cavalier, alors porte-parole du stade, écrivait que « le New South Wales est le malade du sport australien. »
Peter FitzSimons, l'homme au bandana rouge, a quant à lui promis de se taire à tout jamais sur le sujet si et seulement si le gouvernement du NSW pouvait appuyer la promesse de Gladys Berejiklian selon laquelle les recettes engendrées par les stades flambant neufs en rembourseraient la reconstruction en deux ans. La balle est désormais dans le camp de Berejiklian.
