Il y a plus de téléphones portables en Australie que de personnes. Et beaucoup d'entre eux ne sont même pas utilisés.
Selon le Bureau Australien des statistiques, les déchets électroniques augmentent actuellement trois fois plus vite que les déchets généraux en Australie, et les téléphones mobiles en sont l'un des principaux responsables.
En outre, la quantité de téléviseurs et d'ordinateurs non désirés reste élevée. Clean Up Australia affirme que 88% des produits achetés dans le pays chaque année finiront dans les décharges.
Quoi faire avec votre ancien téléphone?
MobileMuster, le seul service de recyclage mobile accrédité par le gouvernement australien, a collecté 79 tonnes de téléphones portables et d'accessoires l'année dernière, dont un million de casques et de batteries.
Les clients peuvent déposer leurs anciens appareils auprès des détaillants de téléphones mobiles et les envoyer directement à l'entreprise pour les recycler à Melbourne, Sydney et Brisbane.

Plus de 90% des matériaux utilisés dans ces téléphones - y compris des métaux rares comme l'or - sont recyclés et réutilisés pour fabriquer des produits, notamment des bijoux, des clôtures en plastique et de nouvelles batteries.
«C'est l'équivalent de la plantation de 4 600 arbres et ... d'éviter 170 tonnes d'émissions de CO2», a déclaré le directeur de MobileMuster, Spyro Kalos, à SBS News.
«Mais avec 23 millions de téléphones dans les tiroirs et les armoires à travers le pays, nous avons encore beaucoup de travail à faire».
Pourquoi ne recyclons-nous pas?
Selon des chercheurs de l'Université du New South Wales, la législation australienne sur la gestion des déchets électroniques ne répond toujours pas aux normes internationales.
En comparant les lois du pays sur les déchets électroniques avec celles du Japon et de la Suisse, ils ont conclu que l'Australie ne soutient pas les conseils locaux qui gèrent les plus grands volumes de déchets électroniques et n'assume aucune responsabilité de recyclage pour les consommateurs.
Trois quarts des Australiens savent que leur téléphone mobile peut être recyclé, mais seulement huit pour cent le recycle, selon un sondage Ipsos de 2017.
Et bien que de plus en plus d'Australiens recyclent leurs téléphones comme jamais auparavant, selon MobileMuster, le nombre de personnes qui gardent leurs appareils à la maison est également à la hausse.
Une raison à cela est le facteur "au cas où", a déclaré M. Kalos.
«Nous passons à ce nouveau téléphone brillant et nous poussons [notre ancien] téléphone au fond du tiroir au cas où nous devrions l'utiliser, mais nous ne le faisons jamais, et l'un devient deux, et deux devient trois».
La sécurité des données constitue également une préoccupation majeure pour de nombreux Australiens, en particulier parce que les appareils mobiles sont maintenant plus qu'un simple téléphone.
«Quand le téléphone mobile est sorti, c'était simplement un outil pour pouvoir émettre des appels et écrire des textes», a déclaré M. Kalos.
«Maintenant, nous en faisons beaucoup plus en termes de courriels, de photos, de médias sociaux et de services bancaires».
Le conseil aux personnes concernées est de sauvegarder toutes les données que vous ne voulez pas perdre, de vous déconnecter de tous les comptes Cloud et de réinitialiser le téléphone.
Cela peut se faire en un jour, et en vaut la peine, selon M. Kalos.
«Vous pouvez penser que recycler votre téléphone, un seul téléphone ne fera pas une grande différence. Mais entreprendre de le faire poussera aussi les autres et l'impact environemental deviendra important».
Des e-déchets au e-trésor
Ce n'est pas seulement la planète qui peut bénéficier des déchets électroniques. Les projets dans tout le pays aident les membres de la communauté grâce au recyclage.
L'un d'eux, Substation33, est basé à Logan, au sud de Brisbane.
Il traite environ 150 000 kg de déchets électroniques chaque année, mais c'est plus qu'un simple centre de recyclage.
Substation33 a transformé de vieux ordinateurs portables, ordinateurs et appareils électroménagers en innovations telles que des bicyclettes électriques, des haut-parleurs bluetooth et une remorque solaire pour alimenter gratuitement les festivals locaux.
En collaboration avec Logan Council et l'Université Griffith du Queensland, l'entreprise a également développé 37 panneaux de signalisation intelligents qui s'allument pendant les inondations.
Son fondateur Tony Sharp affirme que les résultats sont «plus un atout communautaire qu'un produit commercial».
«Nous utilisons les déchets électroniques comme mécanisme pour donner aux gens de l'expérience de travail, des stages, un sens de la communauté et un endroit où ils peuvent appartenir.
Au cours du dernier exercice financier, ils ont mobilisé 420 bénévoles - des étudiants aux résidents locaux - qui cherchent tous à rendre quelque chose.
Et ce n'est pas seulement la zone locale que Substation33 supporte. Le projet travaille actuellement à l'installation de 100 puits électriques dans des villages sans électricité en Indonésie, où plus de 25 millions de ménages n'ont pas accès à l'électricité.
M. Sharp a déclaré: «Nous recyclons les déchets électroniques, aidons les gens à changer leur vie d'une manière ou d'une autre et à construire des choses plutôt cool».
